La naissance de l’aurore

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Jakob Böhme, ou Jacob Boehme, surnommé le Philosophus Teutonicus, né le 24 avril 1575 à Alt-Seidenberg (Görlitz) et mort le 17 novembre 1624 à Görlitz .

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Description

Le jardin où est cet arbre signifie le monde ; le terrain, la nature ; le tronc de l’arbre, les étoile ; les branches, les éléments ; les fruits qui croissent de cet arbre, les hommes ; le suc dans l’arbre, la pure divinité ; or, les hommes sont formés de la nature, des étoiles et des éléments. Mais Dieu le créateur domine dans toutes ces choses, comme le suc dans la totalité de l’arbre. Or, la nature a en soi deux qualités, et cela jusqu’au jugement de Dieu ; l’une aimable, céleste et sainte ; et l’autre âpre, infernale et dévorante. La qualité bonne opère et travaille continuellement avec une grande activité, à porter de bons fruits, dans lesquels l’Esprit saint domine, et elle donne pour cela son suc et sa vie. La qualité mauvaise pousse et s’évertue aussi de tout son pouvoir à porter toujours de mauvais fruits, et le démon lui fournit pour cela son suc et sa flamme infernale.

Ces deux choses sont maintenant dans l’arbre de la nature ; et les hommes sont formés de cet arbre, et vivent au milieu de l’une et de l’autre qualité dans ce monde, dans ce jardin, en un grand danger, exposés tantôt à l’ardeur du soleil, tantôt à la pluie, au vent, à la neige. Si l’homme élève son esprit vers la divinité, aussitôt l’esprit saint perce et opère en lui ; mais s’il laisse descendre son esprit dans ce monde, et le livre à l’empire du mal, alors le démon et le suc infernal s’insinuent en lui et le dominent. De même que quand la gelée, la chaleur, ou le brouillard frappent les fruits d’un arbre, ils deviennent véreux, dépérissent promptement et se corrompent ; de même en est-il aussi de l’homme quand il laisse régner en lui le démon et son venin.

Le mal et le bien existent, fermentent et dominent dans l’homme, ainsi qu’ils le font dans la nature. Mais l’homme est l’enfant de Dieu, qui l’a formé de la base la plus parfaite de la nature, afin qu’il dominât sur le bien, et qu’il soumît le mal. Le mal est suspendu au bien dans la nature ; il est également suspendu à l’homme, mais cependant l’homme peut le soumettre. S’il élève son esprit vers Dieu, dès lors l’esprit saint s’approche de lui, et l’aide à remporter la victoire. De même que la qualité bonne qui vient de Dieu, et dans qui l’Esprit saint a la souveraineté, est revêtue de pouvoir dans la nature pour vaincre la qualité mauvaise ; de même aussi, la qualité colérique a, dans les âmes corrompues, le pouvoir de triompher ; car le démon est un puissant dominateur dans la colère, et il en est l’éternel prince.

Or, l’homme s’est jeté dans la qualité colérique par la chute d’Adam et d’Eve, ce qui fait que le mal est attaché à lui ; autrement, son impulsion serait toute dans le bien ; mais maintenant il est entre l’un et l’autre, et c’est ce qui a fait dire à Saint-Paul : Ne savez vous pas que qui que ce soit dont vous vous rendiez l’esclave pour lui obéir, vous demeurez l’esclave de celui à qui vous obéissez, soit le péché, pour la mort, soit l’obéissance à Dieu pour la justice. (Rom. 6 : 16). Mais comme l’homme a une impulsion vers l’une et l’autre qualité, il peut s’attacher à celle qu’il lui plaît ; car il vit entre l’une et l’autre dans ce monde ; et les deux qualités bonne et mauvaise sont dans lui. Celle dans laquelle il se meut, il en est bientôt investi, soit la puissance sainte, soit la puissance infernale. Car le Christ dit : Mon père donnera l’esprit saint à ceux qui le lui demanderont. (Luc. II : 13). Dieu a recommandé aussi à l’homme de faire le bien, et lui a défendu de faire le mal. Il le sollicite encore journellement par ses exhortations ; il le prêche, il lui crie de se porter au bien. On voit clairement, par là, que Dieu ne veut pas le mal.

Mais comme l’homme a été empoisonné par le péché, jusqu’à laisser régner en lui la qualité colérique à l’égal de la qualité bonne ; comme il est maintenant à moitié dans la mort, et, comme par une suite de son grand aveuglement, il ne sait plus reconnaître ni le Dieu qui l’a créé, ni la nature, ni les œuvres qu’elle opère, c’est pour cela que, depuis le commencement jusqu’à ce jour, la nature développe tout l’aC tivité qui est en elle. Dieu, en outre, a bien voulu la seconder de son Esprit saint, en sorte qu’elle a produit et préparé par toutes sortes de moyens, des hommes sages, saints et intelligents, qui ont enseigné à reconnaître la nature et leur créateur, et qui, dans tous les temps, ont été la lumière du monde par leurs écrits et par leurs instructions. C’est par-là que Dieu a établi son église sur la terre pour son éternelle louange. Le démon, au contraire, a développé sa rage et sa fureur contre ce bel arbre ; il en a détruit plusieurs branches précieuses par la qualité colérique de la nature, dont il est le prince et le Dieu. Si la nature a préparé souvent de ces hommes instruits et intelligents, remarquables par leurs dons éminents, le démon s’est empressé d’employer tous ses soins pour les égarer par les passions charnelles, par l’orgueil, et par la cupidité des richesses et de la puissance. C’est ainsi qu’il a dominé en eux, et que la qualité colérique a étouffé la qualité bonne. C’est ainsi que de leur beau génie, de leur intelligence et de leur sagesse, il n’est resté que de la méchanceté et de l’illusion ; et c’est par-là que les hommes en sont venus à mépriser la vérité, à répandre sur la terre les plus grandes erreurs ; et qu’ils sont les vrais généraux du démon.

Par le mot nature, l’auteur n’entend pas toujours ce monde actuel et visible. Aujourd’hui le mal en est arrivé à faire croire à tout le monde, les gens surtout, que tout est bien ! Quelle fatalité ! On voit tous ces démons tout autour de nous à l’œuvre faisant ce qu’il désire faire et croit être bien, si tout le monde le fait, ça doit être bien ! Le renversement des valeurs et des vertus. Ce qui m’a le plus attristé dernièrement, c’est de voir ma sœur que j’avais à mon enfance un bel ange, mourir démon, sans vouloir être méchant, c’est ce que j’ai constater. Notre nature est angélique, mais, pour la plupart d’entre nous, nous allons mourir démon, encore une fois, et une autre dans un monde de plus en plus sombre et infernal.

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