Description
La gloire de Dieu est double : intrinsèque, issue de sa vie divine intérieure (Père, Fils, Saint-Esprit), et extrinsèque, provenant des créatures. La création vise la gloire extrinsèque de Dieu, car l’amour et la bonté divines tendent à se diffuser. Dieu, agent parfait, crée pour sa propre gloire, car toute fin distincte de Lui-même le subordonnerait.
Dieu, par sa création, communique sa bonté et son bonheur aux créatures, sans chercher son propre intérêt, car il est parfait et heureux.
L’habitation de la Sainte Trinité dans l’âme du juste est une vérité centrale du Nouveau Testament, illustrée par plusieurs passages. L’Écriture attribue cette habitation au Saint-Esprit, symbole de l’amour divin, et les Pères de l’Église, notamment saint Augustin, ont exploré ce concept. Les théologiens débattent de la nature de cette habitation, certains, comme Galer, la concevant comme une union physique et amoureuse par la grâce sanctifiante.
D’autres théologiens interprètent l’enseignement de saint Thomas comme plaçant la cause formelle de l’habitation divine dans la connaissance et l’amour surnaturels, indépendamment de la présence de l’immensité. Suarez complète cette doctrine par l’amitié surnaturelle, mais cette explication est jugée insuffisante car l’amour, d’ordre affectif, n’explique pas la présence formelle des Personnes divines.
Une branche de l’école thomiste interprète saint Thomas comme disant que la grâce sanctifiante, par la connaissance et l’amour issus de la foi et de la charité, cause l’habitation de la Trinité dans les âmes justes. Cette théorie, bien que plus acceptable, pose des difficultés, notamment concernant les baptisés avant l’usage de la raison et ceux en sommeil.
Quand nous disons que Dieu habite dans nos âmes comme dans son temple, nous exprimons une vérité qui est appuyée par deux passages célèbres de saint Paul,8 mais nous devons prendre garde de ne pas imaginer que la présence de Dieu en nous est comme celle de l’Eucharistie dans un tabernacle : inerte et n’ayant qu’un rapport spatial avec le tabernacle. La présence de Dieu dans l’âme juste est infiniment supérieure à cela ; nous sommes des temples vivants de Dieu et nous possédons les trois Personnes d’une manière vitale
Le don du Saint-Esprit perfectionne les vertus infuses en leur communiquant une modalité divine, les plaçant sur un plan surnaturel. Sous l’influence du gis, l’action divine prime sur la raison humaine, et l’âme, docile, seconde ce mouvement divin avec son libre arbitre, permettant ainsi une vie divine pleinement vécue. Le Saint-Esprit devient le moteur de nos actes, guidant notre vie spirituelle.
En fait, l’expérience de la La mystique est une vérification des enseignements fidèles de la théologie. Saint Thomas, en tant que théologien, fait la déclaration surprenante suivante : « Par le don de la grâce sanctifiante, la créature rationnelle est perfectionnée de telle sorte qu’elle peut librement utiliser non seulement ce don créé, mais même jouir de la Personne divine elle-même. »22 Et au même endroit, il écrit : « On dit que nous ne possédons que ce que nous pouvons librement utiliser ou jouir ; et avoir le pouvoir de jouir de la Personne divine ne peut se faire que par la grâce sanctifiante. »23 Ici, dans toute sa grandeur sublime, se trouve le but le plus intime de la demeure de la Trinité dans nos âmes. Dieu Lui-même, un en essence et trois en personnes, devient l’objet d’une expérience ineffable. Les Personnes divines nous sont données pour que nous puissions en jouir, pour utiliser l’étonnante expression du Docteur angélique. Et lorsque cette joie expérimentale atteint le point culminant de l’union transformatrice, les âmes qui ont atteint ce sommet ne peuvent et ne veulent pas s’exprimer dans le langage de la terre. Elles préfèrent goûter en silence ce qui ne peut en aucune façon être expliqué aux autres. Comme le dit saint Jean de la Croix : C’est pourquoi la délicatesse du plaisir que l’on ressent à ce contact est impossible à décrire véritablement,24 et je n’en parlerais pas volontiers de peur qu’on ne suppose que ce n’est rien de plus que ce que je dis. Il n’y a pas de mots pour expliquer les choses sublimes de Dieu qui se passent dans ces âmes ; la bonne façon de parler est que celui qui les connaît les comprenne intérieurement, les ressente intérieurement, en jouisse et garde le silence à leur sujet…… On ne peut en dire avec vérité que cela a le goût de la vie éternelle. Car même si dans cette vie nous ne pouvons pas en jouir pleinement, comme dans la gloire, ce contact, étant de Dieu, a néanmoins une saveur de vie éternelle.





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